Au fil du temps, l’histoire connaît de petits soucis de santé, des
trous de mémoire assez marqués lorsqu’elle s’endort. Par périodes, en effet, rien
ne semble se produire, rien même qui ne prouve l’existence du déroulement
normal du récit historique, alors l’absence de preuve s’établit comme une
preuve d’absence. À d’autres moments, parfois, surgit un excès de fièvre, ou un
trait de génie, sans qu’aucun symptôme ne paraisse l’avoir annoncé. Sans doute
parce que la mémoire d’un peuple est sélective, elle efface de son patrimoine
des évènements peu glorieux ou des périodes sans panache, ennuyeuses, et se
laisse surprendre par de brusques interventions philosophiques, scientifiques
ou religieuses. Cependant, la chronologie étant ce qu’elle est, têtue, elle
cherche à combler ces vides, à expliquer pas à pas
l’histoire évènementielle. C’est alors qu’intervient l’imaginaire.
Puisqu’il faut expliquer le présent par le passé, autant faire en sorte que ces
fruits portent dans leurs parfums et dans leur nectar tous les symboles qui
nous enivrent. Ainsi se créé la métahistoire dont nous parlons si souvent,
celle de nos rituels, de nos rêves et de nos racines imaginaires…La fable ésotérique dans l’histoire construit quelques grands sujets de ces savoirs hermétiques que nous croyons acquis, et qui se transmettent de génération en génération. Nous tenterons de revisiter quelques thèmes qui participent à notre fond culturel, à la lumière d’une analyse qui se veut objective, rigoureuse mais non réductionniste.